Résumé de la Paracha
“Et voici les lois” (Michpatim) : juste après le Sinaï, la Torah descend dans la vie quotidienne. Elle commence par l’esclave hébreu, qui sert six ans et sort libre (s’il veut rester, son oreille est percée à la porte), et la servante hébreue. Puis les crimes graves : le meurtre et la différence avec l’homicide involontaire (avec un lieu de refuge), frapper ou maudire ses parents, l’enlèvement. Viennent les blessures (“œil pour œil”, que la tradition orale explique comme une compensation financière), le bœuf qui encorne (tam ou mou’ad), la fosse laissée ouverte, le vol (paiement double, quatre ou cinq fois pour un bœuf ou un mouton), le voleur surpris la nuit, les dégâts causés par le bétail qui broute ou par le feu, et les quatre types de gardiens (gratuit, payé, emprunteur, locataire). Puis la séduction d’une jeune fille, la sorcellerie, la bestialité et les sacrifices aux idoles.
La Torah insiste : “Tu n’opprimeras pas l’étranger, car vous avez été étrangers en Égypte”, ni la veuve, ni l’orphelin. Le prêt se fait sans intérêt ; le vêtement pris en gage doit être rendu avant le coucher du soleil. Ne pas maudire les juges ni le prince ; donner les prémices ; ne pas manger la viande déchirée (terefa), “jetez-la aux chiens”. Les lois de la justice : ne pas propager de faux bruit, ne pas suivre la majorité pour faire le mal, ramener le bœuf égaré de son ennemi et aider son ennemi à décharger son âne, ne pas accepter de pots-de-vin. Puis la Chemita, le Chabbat, les trois fêtes de pèlerinage, et “tu ne cuiras pas le chevreau dans le lait de sa mère”, source de l’interdit de mélanger viande et lait.
Dieu promet un ange pour guider Israël et annonce la conquête progressive de la terre. Enfin, la conclusion de l’alliance : Moché écrit, lit le livre de l’alliance, et le peuple répond “Na’assé wenichma’”, “nous ferons et nous comprendrons”. Les anciens voient une vision du trône divin, “comme une brique de saphir”, et Moché monte sur la montagne pour quarante jours. Le Zohar consacre à cette paracha le célèbre “Saba deMichpatim”, qui lit les lois de l’esclave comme les secrets des âmes et de leurs réincarnations.
Résumé de la Haftara
“Hadavar acher haya el Yirmeyahou” (“La parole qui fut adressée à Yirmeya”)
Texte dans Yirmeya (Jérémie) 34:8–22 et 33:25–26
Jérusalem est assiégée par Babylone. Le roi Tsidqiyahou conclut une alliance avec le peuple : chacun libère ses esclaves hébreux, comme l’exige la Torah. Mais dès que l’armée babylonienne s’éloigne un moment, ils reprennent leurs esclaves. Yirmeya annonce : puisque vous n’avez pas proclamé la liberté de vos frères, “Je proclame pour vous une liberté… à l’épée, à la peste et à la famine”. La haftara se termine sur une consolation : aussi sûrement que Dieu a fixé les lois du jour et de la nuit, Il ne rejettera pas la descendance de Ya’aqov et de David.
Liens Paracha-Haftara
La première loi de la paracha est la libération de l’esclave hébreu au bout de six ans ; la haftara montre ce qui arrive quand on la piétine. Selon le prophète, c’est justement cette loi qui avait été donnée à la sortie d’Égypte : celui qui a été libéré ne peut pas asservir son frère. Souvent, ce Chabbat est aussi Chabbat Cheqalim, avec la haftara du roi Yehoach qui répare le Temple.