Résumé de la Paracha
“Quand tu sortiras en guerre” (Ki Tétsé). La paracha contient à elle seule 74 mitsvot, plus que toute autre. L’Or Ha’Haïm (Rabbi ‘Haïm ben ‘Attar, de Salé au Maroc) lit ce premier verset comme la guerre intérieure de l’âme contre le mauvais penchant.
Elle commence par la femme captive (yefat toar), puis le droit d’aînesse qu’on ne peut retirer au fils de l’épouse moins aimée, le fils dévoyé et rebelle (ben sorer oumoré), et l’enterrement le jour même de celui qui a été exécuté. Viennent la restitution de l’objet perdu (“tu ne pourras pas t’en détourner”), l’aide pour relever l’âne ou le bœuf tombé, l’interdit de porter les vêtements de l’autre sexe, le chilloua’h haqen (renvoyer la mère oiseau avant de prendre les petits, avec la promesse d’une longue vie), la barrière sur le toit (ma’aqé), les mélanges interdits (kilayim dans la vigne, labourer avec un bœuf et un âne ensemble, le cha’atnez), et les tsitsit aux quatre coins du vêtement.
Puis des lois sur le mariage et la réputation : le mari qui calomnie sa femme, l’adultère, les unions interdites. Qui peut entrer dans l’assemblée : le mamzer, l’Ammonite et le Moabite (“parce qu’ils ne sont pas venus au-devant de vous avec du pain et de l’eau”), et l’Édomite et l’Égyptien à la troisième génération, “car tu as été étranger dans son pays”. La pureté du camp ; l’esclave fugitif qu’on ne livre pas à son maître ; l’interdit de la prostitution ; le prêt sans intérêt à son frère ; tenir ses vœux ; l’ouvrier qui peut manger dans le champ où il travaille.
Le divorce et le guett ; le jeune marié exempté de l’armée une année pour “réjouir sa femme” ; l’interdit de prendre en gage la meule ; l’enlèvement ; la tsara’at (“souviens-toi de ce que Dieu a fait à Myriam”) ; respecter la dignité de l’emprunteur (“tu resteras dehors”) ; payer le salaire le jour même ; chacun est puni pour sa propre faute ; la justice pour l’étranger, l’orphelin et la veuve ; la glanure, la gerbe oubliée et ce qui reste sur les oliviers et les vignes, pour eux. Les coups de fouet limités à 40 (39 en pratique) ; “tu ne museleras pas le bœuf qui foule le grain” ; le lévirat (yiboum) et la ‘halitsa ; les poids et mesures justes. Et pour finir : “Souviens-toi de ce que t’a fait ‘Amaleq… efface son souvenir de sous les cieux, n’oublie pas.”
On est en plein Eloul : les Seli’hot résonnent chaque matin.
Résumé de la Haftara
“Roni ‘aqara” (“Réjouis-toi, femme stérile”)
Texte dans Yecha’ya (Isaïe) 54:1–10
Cinquième haftara de consolation (la même que la haftara séfarade de Noa’h). Jérusalem, “femme stérile qui n’a pas enfanté”, doit chanter de joie : elle aura plus d’enfants que jamais. “Élargis l’espace de ta tente”, tes enfants hériteront des nations. “Un court instant Je t’ai abandonnée, mais avec une grande miséricorde Je te rassemblerai.” Comme pour les “eaux de Noa’h”, Dieu jure de ne plus se mettre en colère contre elle : “Les montagnes peuvent s’écarter, mais Ma bonté ne s’écartera pas de toi.”
Liens Paracha-Haftara
Pendant les sept semaines de consolation, la haftara suit le calendrier. Pourtant les deux textes se répondent : la paracha protège les plus fragiles, l’épouse délaissée, la veuve, l’orphelin, l’esclave et même l’oiseau ; la haftara montre Dieu qui ne délaisse pas Jérusalem, l’épouse qu’Il croyait avoir quittée “un court instant”.