Or HaZeev Or HaZeev
Roch Hachana
Fêtes Prochaine fois : 1–2 Tishri 5788 · 2–3 octobre 2027

Roch Hachana

ראש השנה

Le Nouvel An juif, le jour du Jugement et du Couronnement de D.ieu : deux jours de chofar, de prière et de douceur pour entrer dans l'année.

Or HaZeev · Fêtes et jours spéciaux · Fêtes

Roch Hachana · ראש השנה

Le Nouvel An juif, le jour du Jugement et du Couronnement de D.ieu : deux jours de chofar, de prière et de douceur pour entrer dans l'année.

Résumé de la fête

Roch Hachana (ראש השנה, “la tête de l’année”) ouvre le mois de Tishri, le septième mois depuis Nissan, mais le premier de l’année civile, celle de la création. Le Talmud en fait le jour du Jugement (Yom HaDin) : “Au Roch Hachana, tous les êtres du monde passent devant Lui comme des brebis” (Roch Hachana 16a). Mais c’est aussi le jour où nous couronnons D.ieu Roi (Malkhout) : la prière de la fête est une proclamation de sa royauté, bien plus qu’une liste de peurs.

La fête dure deux jours, en Israël comme à l’étranger, ce que le Talmud appelle yoma arikhta, “un seul long jour” (Beitsa 30a). Elle se célèbre à la synagogue autour du chofar et d’une liturgie particulière, et à la maison autour d’un repas de fête qui commence par des aliments symboliques et du doux. C’est, dans toutes les communautés, un moment à la fois solennel et plein d’espérance : on ne jeûne pas, on s’habille bien et on mange, parce que “la joie de Hachem est votre force” (Néhémie 8:10).

Les mitsvot de la fête

  • Entendre le chofar (Nombres 29:1). C’est la mitsva centrale, accomplie à la synagogue pendant la prière du matin. On souffle trois séries (téqia, chevarim, téroua) d’après la tradition du Talmud, pour une centaine de sonneries au total, les unes après la lecture de la Torah, les autres pendant le Moussaf. Si Roch Hachana tombe un Chabbat, on ne souffle pas, mais on garde l’intention du jour.
  • S’abstenir de travail (mélakha) : comme un jour de fête, la cuisson et le transport pour les besoins du jour restent permis (sauf si la fête tombe un Chabbat).
  • La prière du jour : le Moussaf contient les trois bénédictions propres de Malkhouyot (royauté), Zikhronot (souvenir) et Chofarot (chofar), chacune appuyée par dix versets de la Torah, des Prophètes et des Écrits.
  • Le repas de fête avec les simanim (signes). Après le Qiddouch et le pain trempé dans le miel (ou le sel et le miel), on mange des aliments symboliques en disant un “Yehi ratzon” (“Que ce soit Ta volonté”) pour chacun. Le Talmud en cite cinq (Keritot 6a, Horayot 12a) : les courges (qra), le fenugrec (roubia), les poireaux (karti), les betteraves (silqa) et les dattes (tamri). Les communautés d’Afrique du Nord et d’Orient y ajoutent la grenade, la tête d’un animal (agneau, poisson) et d’autres plats, chacun avec un jeu de mots hébreu ou araméen qui devient une bénédiction. Les ashkénazes mangent surtout la pomme dans le miel.
  • Tachlikh (תשליך, “tu jetteras”) : le premier après-midi, on se rend au bord d’une eau vive (mer, rivière, puits) pour réciter le verset de Michée : “Tu jetteras toutes leurs fautes dans les profondeurs de la mer” (Michée 7:19). C’est un usage, non une obligation, attesté depuis le Moyen Âge.
  • Les souhaits : on se souhaite “Chana tova oumétouqa” (“une bonne et douce année”), et à la veille de la fête beaucoup de communautés pratiquent la hatarat nedarim (annulation des vœux) le matin de la veille.

Origine dans l’histoire

La Torah ne parle pas de “Nouvel An” mais d’un jour de Teroua (Nombres 29:1) et d’un mémorial de Teroua (zikhron teroua, Lévitique 23:24) au premier jour du septième mois. C’est la tradition orale qui y reconnaît le Jour du Jugement et la date de la création de l’homme : selon Rabbi Eliézer, “le monde a été créé en Tishri” (Roch Hachana 10b), et la liturgie dit “Hayom harat olam” : “Aujourd’hui le monde a été conçu”.

Le premier récit de célébration du jour est dans le livre de Néhémie (chapitre 8). Au retour de l’exil de Babylone, le premier Tishri, ‘Ezra lit la Torah devant toute l’assemblée de l’aube à midi, et le peuple pleure en entendant ses paroles. Néhémie et ‘Ezra leur disent alors : “Ne vous affligez pas, mangez des mets gras et buvez des boissons douces… car la joie de Hachem est votre force.” Ce verset est le modèle de la double nature du jour, grave et joyeuse à la fois.

Le Talmud (Roch Hachana, chapitres 1 et 2) fixe les règles du chofar, du témoignage de la nouvelle lune et des deux jours. À l’origine, le Sanhédrin proclamait le mois d’après le témoignage des témoins ; l’incertitude sur le jour exact explique que les deux jours aient été conservés même après la fixation du calendrier, par prudence et par fidélité à l’usage des anciens. Sur un temps plus long, Maïmonide (Lois de la Techouva, 3:4) précise le sens du chofar : il dit, par sa voix, “Réveillez-vous, dormeurs, de votre sommeil, examinez vos actes et revenez”.

L’enseignement pour aujourd’hui

Roch Hachana est le seul jour de l’année où l’on ne demande presque rien pour soi : la prière commence par la royauté de D.ieu et non par nos besoins. Le jour dit d’abord qui est le Roi, puis il nous demande qui nous voulons être devant Lui. C’est ce qui donne sa profondeur au jour : une année nouvelle commence quand on décide à qui on la confie.

Le Talmud explique que le chofar est soufflé deux fois, avant et pendant le Moussaf, “pour embrouiller l’Accusateur” (Roch Hachana 16b) : même nos peurs doivent céder devant la confiance. La tradition kabbalistique rattache le chofar à la Bina, la compréhension profonde, d’où jaillit la techouva ; le son qui n’a pas de mots dit ce que les mots ne peuvent pas dire. Et le double visage des deux lectures, Sara et ‘Hanna le premier jour, Avraham et Its’hak le second, nous apprend que le mérite d’une année s’appuie à la fois sur la prière d’une mère et sur la fidélité d’un père : deux fidélités, deux manières d’appeler la bénédiction.

Un geste simple pour la table de fête : demander à chacun, avant le Qiddouch, de dire en une phrase ce qu’il veut “semer” cette année. Le miel et les simanim deviennent alors une promesse tenue à voix haute, et pas seulement un rituel.

Lectures de Torah et de haftara

Les passages lus à la synagogue, avec leur début et leur fin.

1er jour (1er Tishri)

  • Torah · Matin

    Genèse 21:1-34

    Naissance d'Its'hak, renvoi de Hagar, alliance avec Avimélekh à Beer-Chéva

  • Maftir · Matin

    Nombres 29:1-6

    Les sacrifices du jour du Teroua (le son du chofar)

  • Haftara · Matin

    1 Samuel 1:1 à 2:10

    Hanna, sa prière et la naissance de Chmouel

Pourquoi cette lecture ? La Guemara (Roch Hachana 10b-11a et Méguila 31a) rapporte que Sara, 'Hanna et Rah'el ont été "souvenues" (nifqedou) à Roch Hachana. La Torah dit de Sara "Hachem se souvint (paqad) de Sara" (Genèse 21:1), et la haftara raconte comment Dieu se souvint de 'Hanna. Roch Hachana est le jour du souvenir (Zikaron) : on lit donc deux récits où Dieu se souvient d'une femme stérile et exauce sa prière. 'Hanna devient aussi le modèle de la prière silencieuse, d'où de nombreuses règles de la 'Amida sont tirées de sa conduite (Berakhot 31a). Le maftir, lui, énonce la mitsva propre au jour : "Ce sera pour vous un jour de Teroua" (Nombres 29:1).

2e jour (2 Tishri)

  • Torah · Matin

    Genèse 22:1-24

    La Aqéda, la ligature d'Its'hak

  • Maftir · Matin

    Nombres 29:1-6

    Les sacrifices du jour du Teroua (identique au premier jour)

  • Haftara · Matin

    Jérémie 31:2-20

    "Ephraïm est pour Moi un fils chéri" : D.ieu se souvient de son peuple

Pourquoi cette lecture ? Le deuxième jour, on lit la Aqéda (Méguila 31a), car c'est le mérite d'Avraham et d'Its'hak que nous invoquons en soufflant dans une corne de bélier : "Soufflez devant Moi dans un chofar de bélier, afin que Je Me souvienne en votre faveur de la ligature d'Its'hak" (Roch Hachana 16a). La haftara de Jérémie reprend le thème du souvenir : "Je me souviens encore de lui" (31:19), et annonce le retour des enfants à leur frontière. Les deux jours se répondent : le premier est celui du souvenir de la naissance, le second celui du souvenir du sacrifice et de la fidélité.

Quiz en famille

  1. Quel récit lit-on le deuxième jour de Roch Hachana ?

    • a. La naissance d'Its'hak
    • b. La ligature d'Its'hak (la Aqéda)
    • c. Le Déluge
  2. De quel animal vient le chofar de Roch Hachana, de préférence ?

    • a. Un bélier
    • b. Un taureau
    • c. Un cerf
  3. Dans la haftara du premier jour, qui prie en silence au Sanctuaire de Chilo ?

    • a. Hanna
    • b. Sara
    • c. Rah'el

Réponses : 1-b · 2-a · 3-a

?

Quiz en famille

3 questions pour la table du Chabbat

  1. 1.Quel récit lit-on le deuxième jour de Roch Hachana ?

  2. 2.De quel animal vient le chofar de Roch Hachana, de préférence ?

  3. 3.Dans la haftara du premier jour, qui prie en silence au Sanctuaire de Chilo ?

Un rappel avant chaque fête ?

Le résumé, les mitsvot et les lectures de la fête, dans ta boîte mail juste avant son arrivée.

Pas de spam. Désinscription en un clic.